Ou peut-être est-ce bien l'inverse?
Mais de ce dessin la morale
N'est pas que l'on ne connait rien,
Mais bien que tout s'oppose à tout.
Regardez l'homme, voyez la femme;
Existe le jour, et pourtant
Voici la nuit, vient le néant.
Nous avons bien le corps et l'âme,
La ville n'est pas sans égoûts.
Les exemples ne manquent en rien,
Notre esprit est comme une salle,
A l'abris on ne voit l'averse
Passant dehors, car tout est noir.
Nous sommes dans notre refuge,
Fenêtre et volets clos refusent
A notre vue l'extérieur.
Nous voyons bien notre esprit,
Ses composants, ses composés.
Nous sommes bien accomodés,
Notre confort nous remplit,
Fermant la porte sur l'extérieur,
Ne se fixant que sur nour-même
Sans s'ouvrir au monde alentours,
Satisfaire nos caprices minimes
Sans voir les besoins tout autours.
De gens qui sont et qui existent
Et pourtant que nous méprisons.
Sommes-nous aveugles à ce point?
Eh bien je répondrai oui.
Nous ne voyons pas le mal
Engendré par nos caprices,
Que nous imposons aux gens
Qui nous entourent, et pourtant
Nous leur refusons le prix,
Leur valeur, voir ce qu'ils valent
Refuser même d'ouïr
Leur opinion en tout point.
Nous ne leur accordons pas
Un coup d'oeil, une pensée,
Un peu de compréhention
Ou au mopins de l'intérêt.
Nous sommes seuls et aveugles
Dans un monde de merveilles,
Incapables par l'orgueil
De voir tout ce qui entoure
Nos sens, notre esprit, nos actes.
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